Revue de l’économie chinoise
Résumé des principaux points à retenir :
La confiance des consommateurs chinois est faible, la consommation intérieure reste morose et le chômage des jeunes a augmenté, suscitant des inquiétudes quant aux risques de troubles et à une stagnation à long terme.
Les stocks invendus de logements en Chine dépassent la demande de plus de deux ans, et les valeurs immobilières pourraient chuter de 20 à 25% supplémentaires sans une intervention gouvernementale soutenue.
L’USD/CNH pourrait connaître une percée haussière à des niveaux records en 18 ans au-dessus de 7,37, potentiellement même en hausse vers 7,50 ou plus dans l’année à venir.
Les défis économiques de la Chine
L’économie chinoise, la deuxième plus grande au monde, est confrontée à une série de défis critiques qui pourraient aboutir à un ralentissement économique tant attendu mais néanmoins surprenant en 2025.
Après la fin de la politique stricte de « zéro COVID » de Pékin fin 2022, les analystes prévoyaient initialement une forte reprise économique, mais la réalité a été une croissance stagnante. Les raisons sont profondément structurelles, exacerbées par un marché immobilier morose, une surcapacité dans des secteurs clés et une population vieillissante.
Si le stimulus tant vanté de Pékin échoue à relever de manière exhaustive ces défis dans l’année à venir, « le moteur de la croissance mondiale » risque de cahoter en 2025, avec d’importantes implications transversales pour les traders.
Un moteur de croissance chancelant ?
De nombreux observateurs occidentaux sont sceptiques quant à la validité des données officielles chinoises, et même selon cette mesure potentiellement généreuse, la croissance du PIB chinois ne répond déjà pas à l’objectif gouvernemental de 5%.
Plus largement, la confiance des consommateurs est faible, la consommation intérieure reste morose et le chômage des jeunes a augmenté, suscitant des inquiétudes quant aux risques de troubles et à une stagnation à long terme.
Surcapacité structurelle et endettement
Le modèle économique chinois, longtemps basé sur la production industrielle, a créé un problème chronique de surcapacité. Des secteurs clés tels que l’acier, les véhicules électriques et les panneaux solaires produisent bien plus que ce que les marchés domestiques et mondiaux peuvent absorber.
Par exemple, les usines chinoises produisent deux fois plus de panneaux solaires chaque année que le monde ne peut en installer. Cette surabondance a déprimé les prix, érodé les profits et contraint de nombreuses entreprises à dépendre fortement des subventions gouvernementales pour survivre.
Le secteur immobilier chinois : un risque névralgique
Le ralentissement du marché immobilier chinois est particulièrement préoccupant. Ce secteur représente une part importante du PIB chinois, et son déclin a entraîné des défauts de paiement par des promoteurs majeurs et ébranlé la stabilité financière des gouvernements locaux, fortement tributaires du secteur immobilier.
Le stock invendu de logements dépasse de plus de deux ans la demande, et les valeurs immobilières pourraient chuter de 20 à 25% supplémentaires sans une intervention gouvernementale soutenue. Alors que les mesures de relance récentes tentent de résoudre ces problèmes, l’ampleur du problème est redoutable, des milliers de milliards étant nécessaires pour stabiliser pleinement le marché.
Répercussions mondiales
Évidemment, dans une économie mondiale toujours interconnectée, un ralentissement en Chine ne se produirait pas de manière isolée. La surproduction du pays a déjà perturbé les marchés mondiaux, entraînant des déséquilibres commerciaux et des tensions géopolitiques.
Les industries en Europe et aux États-Unis sont confrontées à une concurrence féroce des exportations chinoises vendues en dessous des coûts de production, créant des pressions pour des tarifs douaniers et des restrictions commerciales qui pourraient s’intensifier sous un second mandat présidentiel de Donald Trump.
Le chemin à parcourir
Pour que la Chine échappe à ce cycle de surcapacité et de dette, elle doit opérer un changement fondamental dans sa stratégie économique, quelque chose que les décideurs de Pékin ont toujours refusé de considérer. Des changements structurels tels que la priorisation de la consommation intérieure par rapport à la production industrielle, la réduction de la dépendance à la croissance alimentée par la dette et la promotion de l’innovation dans les industries émergentes saperaient le contrôle du Parti communiste sur l’économie, ce qui serait politiquement difficile.
Pour les traders, un ralentissement en Chine pourrait avoir des implications significatives. Les matières premières dépendant de la demande chinoise, telles que le minerai de fer et le cuivre, pourraient voir des baisses de prix. Pendant ce temps, les tensions géopolitiques pourraient affecter les marchés des devises, en particulier le yuan et ses partenaires commerciaux.
L’histoire de croissance de la Chine pourrait avoir atteint un point d’inflexion, et l’année à venir pourrait révéler si Pékin peut résoudre avec succès ses défis économiques, ou si la deuxième économie mondiale se dirige vers un ralentissement prolongé.
Analyses techniques du Yuan chinois – Graphique journalier USD/CNH
Comme le montre le graphique ci-dessus, le dollar américain est resté remarquablement stable par rapport au yuan chinois (off-shore) au cours des dernières années, passant la majeure partie de ce temps à trader entre environ 7,00 et 7,37.
Si les préoccupations ci-dessus se concrétisent effectivement en 2025, les autorités chinoises pourraient chercher à affaiblir le yuan pour stimuler l’économie chinoise. Dans ce scénario, l’USD/CNH pourrait connaître une percée haussière à des niveaux records en 18 ans au-dessus de 7,37, potentiellement même en hausse vers 7,50 ou plus dans l’année à venir.
Source : www.forex.com